RE2020 palier 2031 : ce que change vraiment la trajectoire pour les maîtres d’ouvrage
La RE2020 a introduit une rupture méthodologique par rapport à la RT2012 qu’elle a remplacée. Là où la réglementation précédente portait uniquement sur la performance énergétique en exploitation, la RE2020 ajoute une analyse en cycle de vie complet du bâtiment, qui prend en compte les émissions carbone associées à la fabrication des matériaux, au chantier, à l’exploitation et à la fin de vie. C’est cette logique qui structure la trajectoire jusqu’au palier 2031.
Le palier RE2020 2031 est le dernier resserrement prévu par le texte initial. Il porte essentiellement sur l’indicateur Ic construction, qui mesure les émissions associées aux produits, aux équipements et au chantier. Pour le logement collectif, le seuil Ic construction_max moyen passe de 740 kgCO₂eq/m² en 2022 à 490 kgCO₂eq/m² en 2031, soit une baisse d’environ 34 % du seuil de référence avant modulations (arrêté du 4 août 2021 modifié, version consolidée ; Guide RE 2020, mai 2025).
Pour un maître d’ouvrage, ces seuils ne sont pas indicatifs : un projet qui ne les respecte pas ne peut pas obtenir d’autorisation de construire. La trajectoire 2025-2028-2031 transforme donc progressivement la nature des décisions constructives. Le choix des matériaux de structure et de la méthode de mise en œuvre passe du registre de l’optimisation à celui de la conformité réglementaire stricte.
👉 À lire aussi : Construction hors-site bois : avantages, coûts et délais pour les projets de logements
Seuils Ic construction 2025, 2028, 2031 : ce qu’il faut retenir de la trajectoire RE2020
La trajectoire RE2020 traduit une baisse régulière des seuils Ic construction, calibrée pour orienter progressivement le marché vers des solutions constructives bas carbone sans rupture brutale (Ministère de la Transition écologique, RE2020, 2021). Les seuils documentés sur le logement collectif constituent un repère utile pour mesurer l’ampleur du resserrement réglementaire, sans définir le cœur de cible d’Inergeen.
Concrètement, les seuils maximaux d’Ic construction documentés pour le logement collectif s’établissent ainsi sur la période :
| Année | Seuil Ic construction documenté (kgCO₂eq/m²) | Baisse cumulée vs 2022 |
|---|---|---|
| 2022 | 740 | Référence |
| 2025 | 650 | ~ -12 % |
| 2028 | 580 | ~ -22 % |
| 2031 | 490 | ~ -34 % |
Ces seuils correspondent à l’Ic construction_max moyen fixé par l’arrêté du 4 août 2021 modifié, avant application des modulations propres à chaque projet. Depuis le 1er janvier 2025, le coefficient unique Misurf a été remplacé par deux modulations distinctes : Misurf_moy, qui ajuste le seuil pour les bâtiments composés de petits logements (résidences étudiantes, par exemple), et Misurf_tot, qui ajuste le seuil pour les immeubles de moins de 1 300 m² (Guide RE 2020, mai 2025). À ces modulations s’ajoutent celles liées aux fondations (Miinfra), à la voirie et aux réseaux (Mivrd) ou à la configuration climatique. Selon les cas, le seuil applicable peut être relevé de l’ordre de 30 à 50 kgCO₂eq/m² par rapport au seuil de référence.
Mais l’ordre de grandeur reste structurant : à l’horizon 2031, le seuil applicable est mécaniquement situé bien en deçà des niveaux atteignables avec un système constructif béton conventionnel, quelles que soient les modulations applicables au projet.
La pente est progressive, mais elle est inscrite dans le texte réglementaire. Pour un maître d’ouvrage qui prépare des opérations sur trois à cinq ans, raisonner sur la cible 2031 dès la programmation actuelle est désormais la posture la plus prudente.
Vous programmez une opération livrable après 2028 ?
Inergeen vous aide à évaluer dès la faisabilité la trajectoire carbone de votre projet et sa compatibilité avec les seuils RE2020 2031.

Pourquoi le béton classique ne suffira plus au palier RE2020 2031
Le béton conventionnel est, par construction, un matériau à forte intensité carbone : sa fabrication mobilise du clinker dont la cuisson émet d’importantes quantités de CO₂, et il représente une part majoritaire de la masse d’un bâtiment résidentiel. Sur la trajectoire RE2020, ses caractéristiques rendent le respect du palier 2031 plus difficile à atteindre sans ajustements substantiels.
Pour rester compatibles avec les seuils 2028 puis 2031, les solutions constructives à dominante béton doivent combiner plusieurs leviers : recours à des bétons bas carbone, incorporation de matériaux biosourcés en isolation et en façade, optimisation des sections structurelles, et amélioration documentée des données environnementales par lot. Ces ajustements sont techniquement possibles, mais ils ajoutent de la complexité, des coûts spécifiques et des risques de calage en phase de conception, surtout sur des opérations de logement social ou de logement intermédiaire où l’enveloppe budgétaire est fortement contrainte.
La construction hors-site bois suit une logique différente. Le matériau bois est nativement bas carbone, le stockage du carbone biogénique est comptabilisé positivement dans le calcul RE2020, et l’industrialisation réduit en complément les émissions associées au chantier. Selon l’analyse Construction21 / CSTB (2024), menée sur le logement collectif neuf, les bâtiments bois étudiés affichent un Ic construction de l’ordre de 170 kgCO₂eq/m². Cet ordre de grandeur illustre le potentiel du bois pour atteindre les seuils 2031, sans faire du logement collectif le cœur de cible d’Inergeen.
Construction hors-site bois : une réponse structurellement alignée sur le palier 2031
L’alignement de la construction hors-site bois sur le palier RE2020 2031 repose sur la combinaison de trois mécanismes documentés. Le premier est le stockage du carbone biogénique : selon l’ADEME (Avis Produits biosourcés, février 2025), un mètre cube de bois mis en œuvre dans un bâtiment stocke environ une tonne de CO₂, comptabilisée positivement dans le calcul Ic construction sur la durée d’usage du bâtiment.
Le deuxième est la réduction des émissions de chantier. La préfabrication en atelier compresse la durée du chantier, optimise la logistique des matériaux, réduit les déchets et limite la durée d’exploitation du site. Selon le Baromètre Hors-Site 2023 (Campus Hors-Site), 81 % des professionnels ayant expérimenté la méthode constatent une réduction de l’impact environnemental de leurs opérations.
Le troisième est la robustesse réglementaire de la filière. La construction bois en France représente environ 6,6 % du marché du logement neuf en 2024, avec 18 250 logements construits ou rénovés en bois sur l’année (ENCB 2025, CODIFAB / France Bois Forêt). C’est une filière structurée, dotée de référentiels environnementaux documentés, de bureaux d’études spécialisés et d’industriels capables de fournir des données d’analyse en cycle de vie opposables. Cette maturité explique que les premiers retours d’expérience documentés sur les seuils 2028 et 2031 viennent en grande partie d’opérations en construction bois (Construction21, 2024).
Anticiper le palier RE2020 2031 : une décision qui se prend dès la programmation
Un projet de logements engage un cycle long, généralement de trois à cinq ans entre la programmation et la livraison. Un bailleur, un promoteur ou une collectivité qui engage aujourd’hui une opération pour une livraison en 2029 ou 2030 sera certes instruit sous le seuil 2028, mais le bâtiment livré aura vocation à durer plusieurs décennies, dans un cadre patrimonial et financier de plus en plus aligné sur la trajectoire 2031 et au-delà.
Anticiper le palier RE2020 2031 dès la programmation, c’est donc faire un choix de robustesse à deux niveaux. D’abord en matière de conformité : un bâtiment conçu nativement bas carbone n’aura pas besoin d’être ajusté en cours de projet si les seuils intermédiaires sont revus à la baisse ou si des modulations défavorables sont confirmées. Ensuite en matière de valeur patrimoniale : un actif conforme aux exigences les plus strictes garde sa valeur dans le temps, là où un bâtiment limite à un seuil intermédiaire peut rapidement apparaître comme un actif daté sur le plan environnemental.
Cette anticipation est d’autant plus importante que les filières bois hors-site ont leurs propres délais. Les industriels, bureaux d’études et contractants généraux expérimentés ne sont pas des ressources illimitées sur le marché français. Les maîtres d’ouvrage qui s’engagent tôt dans cette direction sécurisent non seulement leur conformité réglementaire, mais aussi l’accès à des compétences encore rares à l’échelle nationale.
Votre prochain projet sera-t-il aligné sur le palier RE2020 2031 ?
Inergeen accompagne les bailleurs sociaux, les bailleurs privés, les promoteurs et les collectivités dans la sécurisation de la conformité RE2020 de leurs opérations, avec la solution constructive Woodea pensée pour anticiper les seuils 2028 et 2031.

RE2020 palier 2031 et dossiers de financement : un argument à part entière
La performance carbone d’un projet n’est plus seulement une question de conformité technique. Elle est devenue un critère opérationnel dans l’instruction des dossiers de financement, dans les appels à projets et dans les conventions avec les financeurs institutionnels. La taxonomie européenne, les critères ESG des investisseurs et plusieurs dispositifs publics convergent dans la même direction : valoriser les opérations dont le bilan carbone est documenté et significativement inférieur aux seuils réglementaires en vigueur.
Un projet aligné sur le palier RE2020 2031 peut renforcer un dossier de financement lorsque les critères environnementaux sont pris en compte. Son Ic construction, calculé selon les protocoles officiels, vérifiable et opposable, peut être joint aux pièces justificatives demandées par certains financeurs institutionnels (Banque des Territoires, organismes régionaux, fonds européens mobilisés sur la transition écologique, bailleurs publics intégrant des critères environnementaux à leurs grilles d’analyse). L’effet sur la décision finale dépend du dispositif sollicité et de la pondération accordée aux critères environnementaux dans l’instruction du dossier.
Pour les bailleurs sociaux, les bailleurs privés, les promoteurs et les collectivités, ce point peut devenir structurant lorsque plusieurs projets sont en concurrence pour des enveloppes limitées. Présenter une opération alignée sur la cible 2031 sécurise d’abord la conformité réglementaire à la livraison ; en complément, cela constitue un élément de différenciation potentiel dans les arbitrages financiers.
Comment Inergeen sécurise la conformité RE2020 de bout en bout
En tant que contractant général, Inergeen prend en charge la conformité réglementaire de ses projets de la programmation à la livraison. Les exigences RE2020, y compris la trajectoire 2025-2028-2031, sont intégrées dès la co-conception architecturale, au même rang que le programme, le budget et le calendrier. Cette approche évite les ajustements tardifs et coûteux qui résultent d’une prise en compte insuffisante des enjeux carbone en amont.
La solution constructive Woodea repose sur un système bois hors-site industrialisé, dont les performances environnementales sont calculées et documentées projet par projet. Les données d’analyse en cycle de vie sont disponibles à l’échelle des composants, ce qui permet d’anticiper les résultats Ic construction, d’ajuster les choix de configuration pour optimiser la marge sur les seuils en vigueur, et de fournir aux maîtres d’ouvrage des pièces opposables pour leurs dossiers réglementaires et de financement.
Le travail en circuit court avec des partenaires industriels ancrés dans les territoires renforce cette logique. Il réduit les émissions liées au transport, sécurise la traçabilité des approvisionnements et contribue à la structuration de filières biosourcées locales, un argument croissant dans les appels à projets des collectivités attachées à articuler performance environnementale et développement économique territorial.